Comprendre une étiquette alimentaire

Décrypter une étiquette alimentaire

PAR MORGANE TALIDEC – TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTES

Lorsque dans un moteur de recherche vous cherchez des informations sur l’étiquetage alimentaire, en général les premiers sites à apparaitre sont ceux du gouvernement. Parfait, ils font la loi, et la réglementation.

Mais, si vous n’êtes pas un professionnel dans le domaine, il est relativement difficile de tout comprendre, et cela est bien normal. Chacun son métier après tout !

Alors pour que vous puissiez trouver réponse à vos questions, en tant que consommateur ou professionnel, voici un article récapitulatif de vos obligations et possibilités.

L’idée n’est pas de vous perdre dans tout ce blabla, bien au contraire. Cet article est là pour vous accompagner dans cette première approche de curiosité.

A.    Quelles sont les mentions obligatoires ?

étiquetage alimentaire obligatoire
Exemple d’une étiquette de sauce tomate

Les mentions obligatoires sont les informations que vous devez inscrire sur votre emballage de produits alimentaires (ou une étiquette à côté si c’est du vrac). Elles sont au nombre de 10.

Pour illustrer cette partie, nous allons partir d’un exemple concret, une sauce tomate.

1. La dénomination légale de vente. Elle correspond au nom légal de vente du produit Il doit être clair et compréhensible pour le consommateur.

Exemple : « préparation à base de tomates, oignon et ail ».

2. La liste d’ingrédients, qui correspond à sa composition, sa recette. Les ingrédients doivent apparaître dans l’ordre décroissant. S’il y a des allergènes, ils doivent être mentionnés en gras, afin d’avertir rapidement les personnes susceptibles de faire des allergies alimentaires. De plus, pour les ingrédients mis en avant dans la dénomination légale ou en illustration, le % doit apparaitre.

Exemple : « tomate 50%, eau, oignon 3%, ail 0.5%, laurier. » Nous sommes ici obligés de préciser les % des ingrédients mis en avant dans la dénomination légale précédente (voir 1.1)

3. Les données nutritionnelles. Ces données permettent d’avoir une indication de l’impact de votre produit sur votre santé. Quelle est la quantité de calories, est ce que le produit est riche en sucre, sel, fibres … ? Maintenant, parmi ces données, nous retrouvons de plus en plus le Nutriscore, élément dont je vous reparlerais dans un prochain article. Il s’agit du visuel avec un code couleur et des lettres, notant le niveau qualitatif nutritionnel d’un produit.

Les Valeurs Nutritionnelles de Référence correspondent aux besoins journaliers recommandés. Si celle-ci est inférieur à 5%, cela signifie qu’il y en a peu, et lorsqu’il est supérieur à 15%, cela signifie à contrario qu’il y en a beaucoup. En fonction des catégories de produits, il est important de savoir les interpréter. Par exemple, un taux de glucides très fort dans une sauce tomate, n’est pas logique, alors que dans une confiture, cela est cohérent.

Exemple : voir l’illustration en n° 3.

4. L’origine du produit, si une indication sur l’emballage pourrait induire le consommateur en erreur. C’est ainsi que pour la viande, vous devez retrouver les informations sur son lieu de naissance, d’élevage, d’abatage et de transformation s’il y a lieu.

Il est possible de préciser l’origine de manière textuelle ou visuelle (carte de France, drapeau). Mais il faut que le produit majoritaire vienne de cette origine mentionnée. Pour les ingrédients non concernés par cette origine, nous devons préciser leur provenance.

Exemple : Un dessin de la France, uniquement si les tomates viennent de France

5. La quantité nette du produit, c’est-à-dire le poids que vous pourrez consommer. Pour les conserves, vous trouvez généralement le poids net égoutté, qui correspond au poids du produit, une fois le liquide enlevé.

Exemple : « Poids net : 250 g »

6. La DLC ou DDM : il s’agit des dates de durée de vie des produits. La Date Limite de Consommation est souvent exprimée sous la forme de « à consommer jusqu’au … », notamment pour les produits de la catégorie frais (yaourt, fromage, charcuterie …). La Durée de Date Maximale, est exprimée sous la forme « à consommer de préférence avant … », plutôt pour les produits secs (compote, biscuit, céréales, conserve …).

Exemple : « à consommer de préférence avant mars 2022 »

Cette différence de terme, qui pour beaucoup ne dit pas grand-chose est au contraire un levier très important dans le gaspillage alimentaire. En effet, si vous consommez la sauce tomate au mois de septembre 2022, cela ne signifiera pas que vous serez malade, cela signifiera juste qu’elle aura peut-être perdu quelques notes gustatives (moins de goût de laurier par exemple).

7. L’identification de l’opérateur, du fabricant. Il s’agit soit de la fameuse estampille sanitaire (le petit ovale que vous retrouvez sur vos emballages, ou d’un code EMB A00000, pour les centres de reconditionnement.

Exemple : « FR 56.001.001 CE » (Pays / Département / N° ville / N° usine dans la ville / Europe)

8. Le numéro de lot de fabrication. Il permet en cas de problème qualité de retracer toute la production pour isoler les produits concernés. C’est grâce à ce code qu’il y a des procédures de rappel produit, dont on entend parler de temps en temps dans l’actualité. Chaque entreprise a son système de numérotation de lot.

Exemple : Lot n°20201105

9. Le mode d’emploi, d’utilisation. Celui-ci n’est obligatoire qu’en cas d’utilisation spécifique, une cuisson à cœur de la viande, une conservation dans un réfrigérateur …

Exemple : « A conserver dans un endroit sec. A consommer rapidement après ouverture.« 

10. Le titre alcoométrique, lorsque les boissons ont un titre d’alcool supérieur à 1.2% en volume.

B.    Quelles sont les autres mentions possibles ?

étiquetage alimentaire facultatif
Exemple d’une étiquette de sauce tomate

En complément des informations préalablement citées, vous pouvez voir d’autres éléments sur les emballages. Il peut s’agir aussi bien d’illustrations, des dessins ou encore d’allégations.

Comme précédemment, nous allons rester sur l’exemple de notre sauce tomate.

11. La dénomination commerciale. Il s’agit du « petit nom vendeur » qui est donné au produit alimentaire. Dans le jardon professionnel, on appelle cela son nom « marketé ».

Exemple : « Sauce tomate cuisinée à l’oignon et à l’ail ». Le nom est plus vendeur que « Préparation à base de tomates, oignon et ail ».

12. Les illustrations, dessins, photos … Il y a généralement une illustration pour rendre le produit attrayant. Mais évidemment, pour avoir l’autorisation de mettre une image, il faut répondre à des obligations.

Exemple : Nous pourrons mettre une photo de tomate, avec un oignon et une gousse d’ail. Nous ne pourrons pas mettre d’image représentant du laurier, car dans cet exemple, nous n’avons pas préciser son %. Il faudra faire attention à ce que les tailles des images soient proportionnelles au % présent. C’est-à-dire une tomate beaucoup plus grosse que la gousse d’ail. Sinon cela pourrait induire le consommateur en erreur, le laissant penser qu’il y a beaucoup d’ail.

13. Les allégations nutritionnelles. Ce sont de jolies petites phrases ou mentions qui mettent en avant un bénéfice produit. Les plus célèbres sont « riche en fibres », « source de calcium », « allégé en sucre » … Pour avoir l’autorisation de les utiliser, il est important de bien répondre aux critères attendus évidemment.

Exemple : « sans sel ».


J’espère de tout cœur, que ce premier article vous aura apporter satisfaction et réponse à vos questions. Si vous avez la moindre question ou remarque, n’hésitez pas à me contacter. Je me ferais un plaisir de vous y répondre.

A très pour un prochain sujet, tout aussi instructif !

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